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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 21:32

 


BOUMERDES - De nombreux monuments historiques du secteur protégé de la vieille Casbah de Dellys (60 km à l’est de Boumerdes) commencent progressivement à faire "peau neuve", suite à des travaux de restauration et de réhabilitation, entamés en 2007 dans le cadre d’un Plan permanent de préservation et restauration.

Les chantiers de réhabilitation des monuments de ce site, dont certains ont été livrés, et d’autres en voie de l’être ou en attente de lancement, ont nécessité, à ce jour, un montant de 138 millions de Da, sur une enveloppe de près de 264 millions affectée au programme de rénovation et restauration de tous les monuments historiques du secteur protégé de la Casbah de Dellys, est-il signalé à la direction du secteur.

L’antique Dellys : cité des saints patrons et des écoles coraniques

Dellys a de tout temps été réputée pour ses nombreux Oulemas qui ont choisi cette cité côtière pour y bâtir cinq (5) écoles pour l’enseignement du Coran, de la Chariaa et de la langue arabe, pour les enfants notamment, dans la partie haute de sa vieille Casbah, où quelques unes ont préservé cette vocation, même après la mort de leurs fondateurs.

Sur ce total d’écoles historiques, seule celle de "Sidi Amar" a survécu aux aléas du temps, au même titre que le tombeau et l’école coranique "Sidi M’hamed El Harfi", soit 3 sites, en tout, qui ont été introduits au titre du plan de préservation et restauration de l’antique Casbah de Dellys.

L’école coranique de Sidi Amar : un pôle pour la science et l’éducation

L’école coranique de Sidi Amar fait partie des monuments les plus prestigieux de la Casbah de Dellys qui sont concernés par les actions de restauration en cours. Sa fondation, au sein de la basse Casbah, est antérieure à l’époque coloniale. Elle était réputée pour être une école libre diffusant le savoir et la science, notamment au profit des enfants qui y apprenaient les bases de la langue arabe et de la religion musulmane.

Durant la colonisation française, sa gestion était à la charge de l’Association des Oulemas musulmans algériens.

La restauration de ce site historique a couté la bagatelle de plus de 9 millions de Da, indique-t-on à la direction de la Culture de la wilaya, qui signale la création attendue, en son sein, d’un centre culturel, qui englobera un musée ou des ateliers artisanaux.

Le tombeau de Sidi M’hamed El Harfi : un symbole important dans la préservation de l’identité nationale

Egalement situé dans la basse Casbah de Dellys, le tombeau de Sidi M’hamed El Harfi, dans l’enceinte de l’école éponyme, est connu comme un symbole avéré de quelqu’un qui a longtemps £uvré pour la préservation de l’identité nationale.

L’Ecole "Sidi M’hamed El Harfi" fut fondée par un groupe de réformateurs indépendants, à leur tète M’hamed El Harfi, avant la prise de la ville de Dellys par les Français.

Ce site faisait l’objet depuis 2010 de travaux de restauration et de réhabilitation, qui ont pris fin récemment, au titre de la deuxième tranche du Plan d’urgence de préservation des vestiges de la vieille Casbah de Dellys.

Vu le degré avancé de sa dégradation, le suivi de la réalisation de ses travaux de restauration, qui ont nécessité un montant de 7 millions de Da, a été expressément confié à un bureau d’études spécialisé, a-t-on assuré de même source.

En dépit du parachèvement de sa restauration, ce site n’est pas ouvert au public, car il est en attente d’une opération d’équipement, qui est à la charge de la direction des Affaires religieuses, est-il signalé.

La grande Mosquée "El Islah" : un site à l’architecture unique

Sa fondation dans la ville de Dellys remonte à l’époque ottomane. Elle fut détruite, en 1844, par les colons français qui installèrent sur ses décombres un hôpital militaire. Après moult pressions de la part des Algériens, l’administration coloniale a érigé, en 1847, une réplique exacte de cette mosquée dans la partie haute de la Casbah (à hauteur de la RN 24, actuellement).

Malgré son lancement en 2010, le chantier de restauration de ce site, dont l’état de dégradation a empiré suite au séisme de mai 2003, est toujours en cours.

Ses travaux furent arrêtés en 2012, suite à la découverte de vestiges remontant à la préhistoire, avant leur relance cette année, avec pour objectif "sa livraison avant fin 2013".

L’opération a bénéficié d’une enveloppe de plus de 35 millions de Da, au titre du quinquennat 2010-2014, avec pour objectif sa "ré-exploitation à nouveau en tant que mosquée à la fin 2013".

Des démarches sont en cours pour inventorier tous les monuments archéologiques et historiques de la Casbah de Dellys en vue d’une restauration future.

Les services compétents de Boumerdes £uvrent, actuellement, à dresser l’inventaire de tous les monuments à valeur historique et archéologique au sein de l’antique Casbah de Dellys pour les inscrire dans le fichier supplémentaire de la wilaya.

Une fois ces sites répertoriés, des demandes seront introduites pour les faire bénéficier d’actions de rénovation et de restauration, indique-t-on à la wilaya.

Il est cité particulièrement le vieux lycée technique du centre ville de Dellys, et la caserne coloniale, qu’il est question de transformer, après sa restauration, en un centre culturel. Le phare Bengut est aussi programmé à l’inscription pour bénéficier d’une opération de restauration.

 

(APS)

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 21:24

ORAN - Une opération d’inventorisation du patrimoine de la mosquée du "Pacha" à haï "Sidi El Houari" d’Oran sera lancée la semaine prochaine, a-t-on appris auprès de l’antenne d’Oran de l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés, initiateur de l’opération.

   Cette opération concernera les anciens livres et manuscrits de valeur, les lustres et autres objets que recèle cet édifice religieux connu sous le nom de "La grande mosquée", et ce en prévision de sa restauration.

   L’antenne a prévu une campagne de nettoiement de la mosquée avec la participation d’une équipe d’archéologues d’Oran, de la direction de la culture, des services communaux et d’associations intéressées par la protection des sites archéologiques dont l’association "Imam El Houari".

   Selon les données historiques, la mosquée "Pacha", classée en 1952, a été édifiée en 1796 à l’époque du Bey Mohamed El Kébir.

   Ce joyau architectural, édifié en pierre taillée de forme octogonale, est doté d’un minaret surplombant les habitations du quartier, considéré comme le plus beau en Algérie.

   La wilaya d’Oran recèle cinq mosquées historiques et archéologiques que sont "Sidi Mohamed El Kébir", "Djawhara", "Pacha", "Imam El Houari" et "Abdellah Ibn Salam".

(APS)

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 21:16
CELEBRATION DU MOIS DU PATRIMOINE 2013

Le village Aït-El-Kaïd dans la daïra des Ouadhias, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, est classé depuis 2006 patrimoine national mais sa restauration butte sur des démarches administratives lentes.

   Entretemps, ses habitants l’abandonnent accentuant sa décrépitude. Niché au pied du Djurdjura, le village offre une vue majestueuse sur cette altière montagne. Ayant grandement gardé son cachet authentique, il se distingue par une beauté saisissante qu’une nature fascinante a façonné.

   Distant de 3 km de la commune d’Agouni-Gueghrane, elle-même distante de 6 km de la daïra des Ouadhias dont elle dépend (35 km de Tizi-Ouzou), Aït-El-Kaïd est accessible après avoir emprunté un chemin tortueux en pente qui va en s’accentuant.

   Hormis quelques constructions récentes, le village est composé en majorité de maisons anciennes au bâti typique, celui-là même qui lui a valu sa classification. Néanmoins, seules quelques familles y vivent encore.

   "La plupart des habitants se sont rapprochés du chef-lieu de la daïra où il y a plus de commodités et en raison de l’accessibilité, ceux qui sont restés n’ont pas eu d’autre choix car n’ayant pas de terrain ailleurs où les moyens d’en acheter", explique le président de l’APC d’Agouni Gueghrane, Beddek Amour.

   Avant cet exode, le village comptait environ 1500 résidents réduits aujourd’hui à une dizaine de familles qui tentent vaille que vaille de préserver leurs habitations en y apportant les réparations qu’imposent les intempéries.

   Celles qui ont été abandonnées tombent en ruine l’une après l’autre et les villageois se demandent à quoi sert la classification de leur village qui, par ailleurs, renferme une page du passé révolutionnaire en raison des vestiges qu’il garde encore de cette période.

   C’est le cas d’une demeure qui avait servi de zaouïa pendant la révolution avant d’être transformée en caserne et qu’une habitante entretient avec amour. Une autre maison en ruine qui "aurait dû" être sauvegardée en raison de son importance, déplorent les habitants du village : il s’agit de la demeure de la famille Yahimi qui avait servi de lieu de torture durant la guerre.

   Le maire du village explique qu’à la faveur du classement dont a bénéficié Aït El-Kaïd, un "plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur" a été adopté en 2009, mais n’a été suivi à ce sujet d’aucune mesure concrète dans ce sens.

   Si ce n’est, dira-t-il, une enveloppe de 3 millions de DA qui a été dégagée en 2012 et qui a "à peine suffi" au désherbage et au nettoyage des toitures de quatre ou cinq maisons alors qu’une quinzaine a été classée comme étant "en péril".

Les raisons d’un retard

   La représentante de l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (Ogebc), maître de l’ouvrage délégué, Goumeziane Nabila, justifie le retard par les "procédures administratives" qui caractérisent ce type de projets.

   Et d’expliquer que le plan en question en est à sa première phase, celle du diagnostic en l’occurrence et qu’une fois achevé, il devra être soumis à l’approbation de l’APW de Tizi-Ouzou en concertation avec d’autres institutions relevant du ministère de la Culture, le maître de l’ouvrage étant la direction de la culture de Tizi-Ouzou.

   "Ce n’est qu’après trois phases d’étude que la restauration du village pourra entrer en vigueur", ajoute la représentante de l’Ogebc qui tient à noter que les opérations déjà menées sur certaines bâtisses ne le sont pas au titre du plan d’urgence en question mais à titre du programme local propre à la commune d’Agouni-Gueghrane.

   Interrogée sur "l’intérêt" d’une restauration du village sachant qu’il risque d’être complètement vidé de ses habitants une fois les travaux entamés, Mme Goumeziane précise qu’un "débat" est lancé précisément entre les parties concernées sur l’option "la plus judicieuse" à suivre.

   "Nous sommes conscients de cette question et pour cela, nous avons tenu il y a près d’un an une réunion de concertation avec les villageois et les autorités locales pour en débattre", affirme-t-elle, précisant que l’option privilégiée serait de garder ces derniers tout en faisant du lieu un musée à ciel ouvert en même temps qu’une destination touristique.

   Si la classification d’Aït-El-Kaïd a fait sortir le village de son anonymat, la réputation de celui-ci tient beaucoup à la présence de Na-Tassadit, une septuagénaire qui perpétue avec une rare passion les traditions qui font l’identité de cette région.

   Gardienne d’un patrimoine ancestral, elle est le symbole du village et sa mémoire vivante. Une sorte de "curiosité" que l’on sollicite parfois de l’étranger pour qu’elle fasse part de son "génie" à entretenir sa maison de la façon la plus esthétique et la plus authentique qui soit.

Par Mekioussa CHEKIR

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 15:03

 

8 à 9,5 millions de DA l’immeuble

   Juteux est le marché de la réhabilitation du vieux bâti à Oran. En moyenne, le coût de réhabilitation d’un immeuble du centre-ville est de 8 millions de DA, cela peut atteindre les 9,5 millions de DA, selon le responsable de ce dossier dans la wilaya d’Oran, le directeur de l’OPGI. Ce gros marché est disputé par des entreprises étrangères, des espagnoles, des françaises et des italiennes.

 

 
   Les Espagnols, les premiers à postuler pour ce marché, ont bénéficié de 69 immeubles implantés au boulevard Maata Mohamed El Habib. Ils sont en place, et ont déjà finalisé quelques spécimens dont le premier restauré gracieusement pour le compte de la wilaya d’Oran qui devait avoir une idée sur le produit de cette entreprise avant de lui confier son patrimoine. Cette société a également réalisé une expertise de l’Hôtel de ville notamment et toujours à titre gracieux pour la commune d’Oran. Selon des indiscrétions, cette société qui s’est déjà placé à Oran de par son savoir-faire, pourrait prendre en charge la restauration de l’Hôtel de ville. S’agissant du projet de réhabilitation des immeubles du centre-ville, un deuxième quota de 18 immeubles vient d’être confié à une entreprise française.

 

 
   Un autre quota de 31 immeubles sera confié à une entreprise italienne. Cette dernière est en phase de négociations avec le maître de l’ouvrage qui met un point d’honneur en matière de durée des travaux notamment en matière de formation de la main-d’œuvre locale. Les chantiers de restauration des immeubles du centre-ville sont aussi des écoles de pratique pour de jeunes ouvriers algériens. “50 jeunes sont formés jusqu’à présent dans ces chantiers de restauration”, a dit le directeur de l’OPGI, M. Abkari. Toujours dans le cadre de la formation imposée à ces sociétés étrangères de renommée internationale dans le domaine de la restauration du vieux bâti, des architectes de l’université sont mobilisés dans les chantiers de réhabilitation des immeubles. Selon nos sources, des Américains se sont également intéressés au marché de la restauration du vieux bâti à Oran or le cahier de charges ne les aurait pas trop séduits.

 

Amira B.

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 09:17

 

M’SILA, 22 mars 2012 (APS) - Le 6ème colloque international sur les villes historiques de la Méditerranée s’est ouvert, jeudi à Boussaâda (M’sila), sous le thème, cette année, "Les villes historiques de la Méditerranée et leurs territoires-le cas des zones steppiques et des espaces oasiens, état et perspectives : quelle stratégie de développement durable, rural et local ?".

 

   Le choix de Boussaâda pour abriter ce colloque, ouvert en présence des autorités locales, d’un représentant du ministre de l’Agriculture et de développement rural, initiateur de la rencontre, et de maires et experts venus de neuf villes du pourtour méditerranéen, fait de cette ville la 41ème à intégrer la Conférence permanente des villes historiques de la Méditerranée (CPVHM).

 

   Intervenant après l’allocution de bienvenue du wali de M’sila, le président d’honneur de la CPVHM et maire de Beït Lahm, en Palestine, Victor Boutros, a souligné les difficultés de sa ville à se développer à la manière du reste des agglomérations méditerranéennes, "en raison de la surpopulation et de l’interdiction de construire imposée aux palestiniens par l’entité israélienne".

 

   "Aujourd’hui, notre ville n’est autorisée par les israéliens à n’exploiter que 17% de son eau, tout le reste profitant aux israéliens", a ajouté M. Boutros qui s’est félicité de cette rencontre qui "permet d’enseigner l’Histoire des villes de la Méditerranée aux jeunes et leur offre l’occasion de sortir des réseaux sociaux de la toile de l’Internet".

 

   Giovanni Lobrano, secrétaire exécutif de la CPVHM, a indiqué, de son côté, que par ce colloque, "nous voulons entamer à Boussaâda une réelle coopération entre les villes méditerranéennes et de mettre ses villes en relation avec la contribution éclairée de spécialistes et d’experts des différents domaines".

 

   Pour sa part, le Directeur du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH), Slimane Hachi, a estimé que la culture "est à la base de tout développement, y compris local". Il a rappelé, dans ce contexte, que le ministère de la Culture, duquel relève le CNRPAH, "renforce l’opération en cours, portant sur la mise en valeur de la vieille Médina de Boussaâda".

 

   Le secrétaire général du ministère de l’Agriculture et du développement rural, Sid-Ahmed Ferroukhi, a considéré, dans son intervention, que le thème proposé durant ce colloque, s’agissant de la problématique complexe de la relation de la ville historique avec son environnement et avec son territoire, "est un choix opportun à plus d’un titre".

 

   Le choix de la ville de Boussaâda est "à saluer car il illustre parfaitement la pertinence de votre démarche et son caractère heureux", a ajouté M. Ferroukhi à l’adresse des participants à cette rencontre.

 

   Ce colloque de quatre jours, qui se poursuivra vendredi et samedi en ateliers, avant la lecture des recommandations dimanche à la clôture, est organisé à l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie de Boussaâda, en collaboration avec le CPVHM, le CNRPAH, la Fondation Hans Seidel, le Réseau euro-méditerranéen Strademed et l’Institut Maghreb-Europe de l’université Paris 8 (France).

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 08:32

 

TAMANRASET - Près de 700 vieilles bâtisses des ksour El-Arab et Merabtine, à In-Salah (750 km au nord de Tamanrasset), feront l’objet d’une action de restauration, a-t-on appris auprès des responsables du secteur de l’urbanisme et de la construction (DUC) de la wilaya.

 

   Inscrite dans le cadre des efforts visant la prise en charge de ce type de constructions et la promotion du cadre de vie des habitants des vieux ksour, l’opération, à l’étude actuellement, permettra la mise au point de plans de réhabilitation, en fonction du mode de vie des occupants de ces espaces, ont indiqué les responsables de la DUC lors d’une réunion tenue à In-Salah pour passer en revue les études techniques liées aux travaux de restauration et de réhabilitation.

 

   Intervenant lors de cette rencontre à laquelle ont pris part les représentants de la population locale, le wali de Tamanrasset a insisté sur la concertation avec les habitants des ksour pour mener à bien cette mission.

 

   Les représentants des bureaux d’études ont, pour leur part, mis l’accent sur le respect du mode de vie sociale dans ces ksour, la conformité des spécificités urbanistiques et l’usage de moyens simples et abordables dans les opérations de réhabilitation.

 

   Cette rencontre a été mise à profit par les représentants des ksour pour avancer des suggestions portant sur l’aménagement, entre autres, d’accès pour les cas d’interventions d’urgence et des espaces récréatifs pour enfants.

 

   Le responsable de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) de la wilaya de Tamanrasset a fait état, à cette occasion, d’un programme de 1.000 logements sociaux locatifs en cours d’étude pour satisfaire la demande de la population de la daïra d’In-Salah.

(APS)

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 06:10

 

   Le débat initié par Khalida Toumi au siège de la Fondation Casbah a été tout simplement édifiant.


    Venus en force pour en découdre avec une conception dominante de la réappropriation de pans importants de la mémoire collective, les invités de Belkacem Babaci sont repartis quelque peu rassurés. Les explications données par la ministre de la Culture auront comblé d’aise une assistance qui retrouvait, avec un malin plaisir, la militante des droits de l’homme et du mouvement des cinéclubs.

 

   Passionnée et pédagogue à souhait, elle présenta avec brio et conviction le plan de sauvegarde de cet exemple unique de médina, tel qu’adopté par le Conseil des ministres. Bien loin donc des sentiers battus, des idées reçues et des fantasmes aussi de quelques amateurs de raccourcis qui font remonter la naissance de la Casbah, soit à l’empire ottoman qui n’est jamais venu en Algérie, soit au banou Mezghana alors que la Casbah totalise plus de 33 siècles d’existence. Si les instances de l’Unesco l’ont inscrite au patrimoine universel comme médina  de grande valeur historique et esthétique, en décembre 1992 à Santa Fe aux États-Unis, ce ne fut pas par hasard.


   Bien que je sois en rupture avec l’argumentaire historique ayant servi de préambule pour justifier la démarche de l’instance internationale, notamment les chapitres édulcorant les horribles et massives amputations imposées par la caste coloniale “aux maisons traditionnelles arabo-méditerranéennes, reflets s’il en est d'une fusion entre le style de vie arabo-berbère ancestral, les coutumes musulmanes et différentes traditions architecturales”.

   

   Alors que la même source parle “d'incompréhension des Européens vis-à-vis du style de vie arabe, plusieurs témoignages accablants rapportent qu’une partie des maisons de la Casbah et les riches villas du Fahs d’Alger furent saccagées par les soldats qui détruisaient pour le plaisir de détruire et qui, pour faire la soupe, brûlaient de riches et merveilleuses boiseries, coupaient les arbres fruitiers, sans que les chefs opposassent la moindre résistance à ce vandalisme”. “C’était la France qui se traitait elle-même en peuple conquis”, s’étaient même exclamés les capitaines du génie Rozet et Carette dans Algérie, un ouvrage publié par les éditions tunisiennes Bouslama. À ce propos, Khalida Toumi dressa un réquisitoire des plus impitoyables sans pour autant oublier d’insister sur le fait avéré que les mutilations des lendemains de l’indépendance furent assassines, elles-aussi, provoquées le plus souvent par la malhonnêteté des indus occupants et la démission des vieilles familles d’Alger.

 

   Loin d'être injuste, l'argumentaire de Madame la ministre de la Culture ne relève point d'un jugement subjectif. Il ne vise nullement à jeter un quelconque discrédit, à plus forte raison sur les collectivités locales dont la bonne volonté et l’engagement ne sauraient être ignorés. La réalité du terrain a été accentuée par un dialogue de sourds entre les autorités et les représentants de la société civile alors que se sont écoulées plus de treize longues et dramatiques années depuis la promulgation de la loi du 15 juin 1998, fera remarquer Belkacem Babaci, président de la Fondation Casbah. À un moment pourtant où le patrimoine immobilier, constitué à hauteur de 85 a 90% de bâtisses de propriétaires privés contre 15 a 10% de la compétence des services publics, se trouve sérieusement ébranlé et menacé par les pluies diluviennes et les mauvaises conditions atmosphériques.

 

   Forte des orientations de M. le Président de la République et de l’adhésion irréfragable de ses homologues du gouvernement, Khalida Toumi s’est voulue rassurante, voire déterminée. Elle compte évoluer dans son magnifique chantier en étroite collaboration avec la société civile.

 

   À plus forte raison lorsque le législateur semble bien loin des solutions idoines qu'il y a lieu d'apporter aux problèmes tant techniques que financiers engendrés par une telle situation anachronique et partant, aux aspirations des plus légitimes des propriétaires desdites bâtisses.

 

   Un plan très médité de réappropriation va être appliqué à la Casbah de manière à y introduire le confort moderne sans bouleverser l'urbanisme et l'architecture traditionnels, et à restaurer les fonctions originelles de la Casbah, avec ses quartiers résidentiels et commerciaux où l'histoire et la culture citadine retrouveront leurs lettres de noblesse dira-t-elle, en réponse à une observation pertinente de l'architecte-urbaniste Halim Faïdi..

 

 Abdelhakim Meziani

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